Myriam Leroy et les acides années collège – vidéo

Myriam Leroy, plume de journaliste connue du paysage audiovisuel belge, vient de publier « Ariane », projeté tout chaud dans la sélection du Prix Goncourt du premier roman 2018 (et arrivé second). Avec cette première oeuvre de fiction, l’auteure écrit sa « profession de foi féministe » dans la mesure où elle dépeint « des personnages féminins qui ne sont pas fantasmés par un oeil masculin, des personnages féminins réels, qui existent. »  

L’héroïne a 13 ans, une vie en province boursoufflée d’ennui, une estime de soi en jachère. Sa rencontre avec Ariane fait basculer son innocence du côté obscur des amitiés vénéneuses – quand des jeunes filles avancent dans le monde avec une arrogance puérile, traitent leur tendre corps avec le respect d’une maquerelle, et font de leurs camarades de cours la chair à canon de leurs railleries. Fusionnées dans cette relation toxique, les gamines vendent leur âme à l’autre, signant très jeune un pacte avec l’amour dont elles ne ressortiront pas indemnes.

Pour ce premier roman, Myriam Leroy nous fait plonger en spéléo dans les souvenirs de nos débuts d’adolescence et ravive l’acidité de notre cruelle naïveté. Avec son écriture précise, dont on reconnaît la causticité et la verve, la romancière tisse une toile dans laquelle on s’enlise sans reprendre sa respiration. Il n’est pas nécessaire d’avoir été une jeune fille de 13 ans pour s’identifier (avoir été amoureux d’une d’elles un jour suffit). Ni d’avoir grandi en Belgique dans les années 90 (mais ceux qui lisent nonante se sentiront chez eux). « Ariane » est une remontée de la mémoire sauvage et maitrisée.

Début juin, nous avons rencontré Myriam Leroy avec mes deux comparses de la plateforme culturelle Deux plus Un Bruxelles pour une interview sans ambages.

 

Ariane est paru aux Editions Don Quichotte.

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