Le FIFB, jeune festival de ciné deviendra grand – part 2

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas au Festival International du Film de Bruxelles, c’est ce qui fait la richesse de ce jeune festival battant de la bobine au cœur de la capitale belge.

Le premier épisode, c’est ici

Jour 4 : Brut d’espoir

Mardi fut la journée brute, tant par son rythme soutenu que par les aspérités polies des cinq films présentés. Trois documentaires, un court et un long métrage, unit dans la même passion communicative de délivrer leur message : des lendemains de crises politiques à l’aube des reconstructions culturelles, de l’âpreté de la guerre à la légèreté du mariage (ou vice versa ?), tous les actes que nous posons sont lourds de conséquences. L’acte quotidien, trivial, intériorisé ou irréfléchi, l’acte simple, inédit ou difficile. Ces conséquences peuvent-elles s’affranchir de la fatalité grâce à un talent humain, unique, son intrépide espoir ?

Le documentaire Vibrancy of silence : a discussion with my sisters de Frieda Ekotto et Marthe Djilo Kamga est un document rare, une thèse à lui seul. Cinq femmes artistes d’origine camerounaise confient leur imaginaire culturel et politique, le cheminement de leurs identités multiples et leur détermination à construire une mémoire historique narrée par et pour les femmes. Cinq souffles pour dire le poids et l’épaisseur de cette urgence, cinq voix qui laissent une trace. Nous y reviendrons longuement dans un article à paraître dans Brukmer.

Le documentaire Vivre riche de Joël Akafou est une petite déflagration tant il interpelle. Le réalisateur met beaucoup de talent, et de pudeur, à filmer une bande de jeunes arnaqueurs ivoiriens, des « brouteurs », dans le tournis de la mutation sociale d’une Abidjan aux plaies ouvertes. Il est déjà couronné de plusieurs prix de de festivals internationaux. Nous vous présenterons bientôt le passionnant Joël Akafou dans une interview filmée.

Pour sa Première mondiale, le documentaire Damas, là où l’espoir est le dernier à mourir de Myrna Nabhan nous entraîne dans une odeur de jasmin humer aux côtés de sa réalisatrice la vie, la vraie, celle qui vibre à Damas, celle qui fait tenir vaille que vaille une société épuisée. Sous la folie meurtrière, c’est tout un peuple, autant d’anonymes révélés par la réalisatrice, qui attend sans désespérance que son pays respire à nouveau.

Le court-métrage Derrière nos portables d’Eli Maene raconte le drame humain qui se cache derrière chacun de nos smartphones. Le coltan et l’or, deux ressources naturelles servant à leur fonctionnement, se trouvent à foison dans des mines de la région du Nord Kivu en République Démocratique du Congo. Mais leur exploitation est dominée par des groupes armés, leur extraction de facto devenue meurtrière, nos consciences de consommateurs avertis.

Le long-métrage The wedding plan de la réalisatrice israélienne Rama Burshtein est un film entre comédie romantique et histoire mélancolique indé. Brillamment écrit, et présenté dans de nombreux festivals, il est porté par l’actrice Noa Koler qui aimante par son naturel. Elle interprète Michal, une jeune femme quittée par son fiancé 30 jours avant le mariage, qui se met en quête d’un nouvel époux sans changer les festivités. Lumineuse, lorsqu’elle sourit, ses yeux baignent pourtant dans les eaux noires d’un désespoir clapotant. Nous vous présenterons bientôt la talentueuse Noa Koler dans une interview filmée.

Une clôture et deux tu l’auras

Le FIFB se clôt ce jeudi soir avec la projection du long métrage américain Sweet Virginia de Jamie M. Dagg pour sa Première Benelux, précédé d’un court-métrage belge: http://www.fifb.be/programme-du-jour/

Reste donc une dernière ligne droite pour savourer la programmation au cordeau de ce jeune festival de qualité, avant de découvrir les prix attribués dans les trois catégories en compétition – films internationaux, documentaires et jeunes talents -, sous la présidence de l’écrivain Douglas Kennedy (pour la première) et de la comédienne Laura Van Maaren (pour la deuxième).

Pour palier au suspens, quelques trailers…

 

 

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