Le FIFB, jeune festival de ciné deviendra grand – part 1

Le Festival International du Film de Bruxelles, jeune événement battant de la bobine au cœur de la capitale belge, a ouvert samedi soir sa troisième édition.

Au programme des six jours, une sélection de films et de courts métrages hyper éclectique et résolument internationale. Conviant la Suède, l’Italie, Israël, la France, les Etats-Unis et bien sûr la Belgique, le FIFB fait cette année la part belle à l’Afrique à qui elle offre le siège d’honneur. Documentaires et courts métrages nous ouvrent des fenêtres vers la République Démocratique du Congo, le Burkina-Faso, le Sénégal et le Cameroun afin de laisser respirer l’âme artistique et culturelle du continent.

Proposant trois catégories en compétition – films internationaux, documentaires et jeunes talents -, le Festival cherche à diversifier les points de vues, assouplir les angles des conventions et finalement convaincre, 7ème art à l’appui, que les perspectives pour découvrir notre monde sont infinies.

Ce mardi 21 novembre, pas moins de trois documentaires (dont nous parlerons prochainement dans le magazine Brukmer), un court et un long métrage nous attendent: http://www.fifb.be/programme-du-jour/

Pour patienter, petit retour non exhaustif sur deux moments de plaisir cinéphile.

Jour 1: Du cinéma de genre, du genre réussi

Le Festival s’est ouvert samedi soir avec le film Money de Gela Babluani, le réalisateur géorgien découvert en 2005 avec son premier long-métrage 13 Tzameti, pépite primée dont il avait également assuré le remake américain (en dirigeant notamment Alexander Skarsgard, Jason Statham et Mickey Rourke, excusez du peu).

Pour son quatrième opus, le réalisateur place dans le cœur du Havre les espoirs désenchantés d’une bande de trois jeunes. Fatigués de leurs fins de mois difficiles, ils saisissent l’opportunité de voler une mallette à un notable de la ville. Ce faisant, ils braquent sans le savoir un secrétaire d’État corrompu, subtilisent un argent bien sale et se retrouvent bientôt dépassés par leur petite entreprise…

Gela Babluani livre un polar noir propre et efficace, continuant de prouver que le cinéma de genre est ouvert à tous, n’en déplaise à un certain cinéma français ampoulé. Un scénario qui enserre notre tension, une galerie de personnages justes (dont le trio de jeunes malfrats George Babluani – frère du réalisateur – Vincent Rottiers et Charlotte Van Bervesselès, épatants), une collection de gueules cassées, quelques plans sublimes pour saisir l’âme sombre du Havre. La simplicité que déploie Gela Babluani n’est que d’apparence, elle signe le tour de force de celui qui s’échine à laisser la place à son sujet.

Si l’on rentre maladroitement dans le film, un peu circonspect – à l’image de Danis, Eric et Alexandra et leur maladresse d’apprentis malfrats – on en ressort avec le goût amer de la nuit qui tourne au drame et des destins mal distribués, sur un arrière-plan de « quartier des neiges » universel. En tête, un souvenir de cinéma et une signature d’auteur.

Jour 3 : De l’aboutissement des courts moments

Pour sa catégorie Ciné Jeunes Talents, le FIFB proposait lundi la diffusion de 12 courts métrages réalisés par des étudiants en dernière année d’école de cinéma. Si l’équilibre entre la représentation du cinéma réaliste (4 films) et de l’animé (8 films) nous semble légèrement bancal – mais peut-être cela s’inscrit-il dans la volonté du Festival d’être à l’affût de l’innovation numérique – reste que la sélection recouvrait des œuvres pour la plupart époustouflantes de beauté et extrêmement abouties. Transportés dans des mondes futuristes, ésotériques, post-apocalyptiques très poétiques (dont notre coup de cœur parmi beaucoup de réussites va à Overrun pour son petit côté Interstellar chez la fourmi), convoqués quant à nos contradictions (dans le dérangeant Stockholm ou l’émouvant Teta), tout en se marrant bien au passage avec Temptation, il faisait bon découvrir les promesses narratives des réalisateurs et réalisatrices de demain.

A côté de nous, se trouvait assis le jury de ce prix Ciné Jeunes, cinq personnalités issues ou collaborant à System_D, la plateforme bruxelloise de réalisateurs autodidactes. Artistes accomplis, non formés à l’école, il et elles délibèrent en ce moment avant de rendre leur verdict jeudi soir lors de la soirée de clôture du Festival. Découvrez ici très bientôt une petite interview de Karim Akalay, photographe et réalisateur, Lyse Ishimwe Nsengiyumva, photographe et curatrice de Recognition Malkia Mutiri, vidéographe et réalisatrice, Yasmine Yahiatene, peintre et vidéaste, Samira Hmouda, entrepreneuse culturelle et directrice artistique du Film Festival System_D.

Au suivant

Nous vous retrouvons ici pour la suite de cette balade dans le FIFB, et la présentation de ces autres prestigieux jury (dont l’écrivain américain Douglas Kennedy, excusez du peu bis), après quelques projections et une interview de Noa Koler, la comédienne phare du film israélien The Wedding Plan.

Pour patienter, quelques trailers !

 

 

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